Mauvaise passe ou vraie crise boursière ?

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Mauvaise passe ou vraie crise boursière ?

Message par Alca//122 le Lun 21 Jan 2008 - 20:25

Après la crise des subprimes américaine, les Bourses du monde sont en récession !


Chute historique à la bourse de Paris

lefigaro.fr
21/01/2008 | Mise à jour : 17:54






Crédits Photos: François Bouhon / Le Figaro





Après
avoir porté son repli à plus de 7% en début d'après-midi, le CAC 40
termine en baisse de 6.83%, sous les 4800 points, et subit sa plus
forte chute depuis le 11 septembre 2001.


L'ombre d'un crack boursier a plané toute la journée sur la place parisienne,
qui a bataillé dur pour résister au-dessus des 4800 points, mais qui
n'y est, au final, pas parvenue. Le CAC 40 perd 6.83% à 4744.45 points,
et malgré l'absence de cotation à Wall Street aujourd'hui, en raison du
Martin Luther King's Day, les volumes sont restés anormalement massifs,
avec plus de 9 milliards d'euros échangés sur les valeurs de l'indice.
Sur le plan des valeurs, les financières sont celles qui accusent les
plus fortes baisses alors que les valeurs de l'automobile tirent leur
épingle du jeu. Il faut dire que ces dernières ont particulièrement
souffert ces derniers temps, et leur marge de progression est donc plus
forte.

Le plan de la Maison Blanche laisse perplexe

Les investisseurs ont apparemment mal accueilli le plan de relance de 140
milliards de dollars annoncé par le président américain George W. Bush
vendredi. Mais au-delà de ce paramètre, les bourses européennes ont
subi la dégradation de la note d'Ambac Financial par Fitch, ce qui a
accentué le discrédit sur les rehausseurs de crédit. Ambac est le
numéro deux mondial du rehaussement de crédit.
Par ailleurs, beaucoup d'investisseurs redoutent désormais une contagion de
la récession américaine à l'ensemble de l'économie mondiale. Du coup,
nombre d'entre eux sont désormais passés à la vente, estime un trader
londonien: «Jusqu'à la semaine dernière beaucoup de gens étaient
baissiers sur les indices mais peu étaient vraiment vendeurs. Certains
étaient plutot en mode d'attente et attendaient un rebond pour revenir
à l'achat; le petit rebond de vendredi a même vu certains opérateurs
revenir avec des stratégies haussières». «Là c'est un peu plus
problématique. L'Inde dont le consensus du marché était plutôt haussier
perd 10% aujourd'hui. La théorie du découplage entre les marchés
américains et les marchés émergeants est de plus en plus caduc. Le
subprime touche le Japon, la Chine jusqu'ici plutôt épargnés. Les
banques françaises, elles aussi relativement épargnées jusqu'ici, souffrent» ajoutait-t-il.

Lire aussi: Philippe Waechter, Natexis AM: «les marchés sont déçus»
Jean-Noël Vieille, KBL France: «cette réaction est difficile à expliquer»
Eric Bernard, Cardif Asset Management: «l'inquiétude grandit» Rétroscpective des grands mouvements à Paris Toute l'information boursière sur www.lefigaro.fr/bourse

Richelieu Finance contraint de se vendre

Bertille Bayart
21/01/2008 | Mise à jour : 09:14
.
La société annoncera cette semaine son adossement à un acteur européen. Avec l'effondrement des valeurs moyennes, elle peine en effet à garantir la liquidité de ses fonds.

C'est un krach. Depuis le 1er janvier, les valeurs petites et moyennes de la Bourse de Paris ont chuté de plus de 16% (indice CAC small et mid). De quoi donner des sueurs froides aux sociétés de gestion qui ont massivement investi sur ce segment de la cote. Pour Richelieu Finance, l'un des gestionnaires indépendants les plus connus de la place de Paris, la mauvaise passe s'est transformée en menace d'asphyxie. Au point que la société est contrainte de s'adosser. «Un rapprochement avec un très grand acteur européen sera annoncé dans les tout prochains jours », explique un proche du dossier. La transaction, conseillée par Rothschild & Cie, implique pour Gérard Augustin-Normand, le médiatique fondateur et patron de Richelieu, de renoncer à son indépendance. Mais cela lui permet de trouver une sortie par le haut, préservant les intérêts de ses clients. Ainsi, aucun des fonds gérés par Richelieu ne sera fermé, ni gelé.

Et pourtant… La menace qui guettait la société était celle d'une crise de liquidité. Depuis trois ou quatre mois et surtout depuis le début de l'année, les clients de Richelieu se retirent des investissements en actions. Et quand ceux-ci vendent leurs parts, le gestionnaire doit à due concurrence céder des actifs logés dans ses fonds communs. Cela ne pose aucune difficulté quand il s'agit par exemple de mettre sur le marché l'équivalent de 5 millions d'euros d'actions Sanofi ou EDF. C'est beaucoup plus difficile sur une petite valeur, surtout lorsqu'on en possède soi-même une part très significative du capital en circulation. Ce qui est justement la spécificité de Richelieu.

L'odeur du sang

Pour rembourser ses clients qui ont voulu sortir de Richelieu Spécial, son fonds star, Gérard Augustin-Normand a commencé par céder ses titres les plus «liquides», comme Total, Air Liquide, Saint-Gobain ou Royal Dutch Shell. La crise s'aggravant, la situation est devenue de plus en plus tendue. Richelieu Spécial a vu son actif net fondre de plus de 2 milliards d'euros fin novembre à 1,36 milliard au 17 janvier. Or, ses principales valeurs en portefeuilles sont toutes moins liquides les unes que les autres : le fonds est ainsi l'un des principaux et derniers détenteurs de titres participatifs Renault et d'actions Elf Aquitaine. Les choix de gestion très ciblée de Richelieu et la concentration de ses investissements, qui ont fait son succès et la fortune de ses clients pendant de longues années, se retournent contre lui.

D'autant plus que certains ont flairé l'odeur du sang : les arbitragistes. Ces investisseurs vendent par exemple «à découvert» des actions qu'ils ne détiennent pas encore et qu'ils achèteront plus tard (!) . Si le cours de cette action baisse entre-temps, ils encaissent la différence. Ces arbitragistes ont ciblé les valeurs dont Richelieu est un gros actionnaire, supputant que le gestionnaire devrait en vendre. Ils ont ainsi tiré encore plus vers le bas des titres comme Club Med (-13% sur la semaine, -30% depuis le 1er janvier) dont Richelieu détient 20% du capital. Enfin, pour ne rien arranger, les couvertures mises en place par Richelieu pour protéger ses fonds d'une trop forte baisse n'ont pas fonctionné.

Les mésaventures de Richelieu Finance vont agiter la place dans les jours à venir. Il faudra convaincre les clients de la société que l'adossement résout les problèmes et offre de nouvelles perspectives de développement. Au-delà, la profession des gérants et l'Autorité des marchés financiers devront se pencher sur la question de la liquidité, qui sur fond de crise du subprime, avait déjà fait trébucher les fonds monétaires dynamiques d'Axa, d'Oddo et de BNP Paribas cet été.



Philippe Waechter est directeur des études économiques chez Natixis Asset Management. Pour lui, seule une nouvelle intervention des banques centrales peut apaiser les marchés.


LE FIGARO.FR Quels facteurs expliquent la baisse brutale des marchés ce matin ?
Philippe Waechter La déception est très forte après la présentation du plan de relance de George W. Bush, vendredi aux Etats-Unis. Ben Bernanke, le président de la Banque centrale américaine, avait soulagé les marchés en leur annonçant la prise de mesures par le président américain. Les investisseurs ont alors imaginé qu'une baisse des taux serait décrétée en même temps qu'une politique budgétaire active. Mais le plan de George W. Bush n'apparaît pas vraiment efficace. Il s'agit de baisses d'impôts que les ménages vont davantage utiliser pour rembourser leurs crédits que pour consommer davantage. Cette présentation est arrivée en point d'orgue d'une semaine de mauvaises nouvelles macroéconomiques, entre les résultats des banques et les chiffres du chômage outre-Atlantique. Les marchés expriment donc leur déception.

La perspective d'une récession aux Etats-Unis est-elle devenue soudainement plus tangible ?
Le sentiment de récession est un peu plus fort. Les résultats publiés la semaine dernière par Citigroup et Merrill Lynch ont montré que la situation est pire qu'attendu, et qu'elle va durer. Le problème sera long à résoudre. Les banques font appel à des fonds souverains étrangers pour essayer d'éponger leurs dettes au plus vite. Mais les difficultés devraient subsister au moins pendant la première partie de l'année 2008. Et il semble désormais que les marchés émergents, notamment asiatiques, ne seront pas épargnés par le ralentissement de la croissance.

Comment enrayer la baisse des marchés ?
Les banques centrales vont avoir un rôle majeur dans cette histoire. La banque centrale américaine et la Banque centrale européenne doivent baisser leurs taux pour apporter des liquidités sur le marché. Mais pour le moment, la BCE ne semble pas changer son biais. La baisse des taux attendue ne devrait donc pas être décrétée en Europe avant mai ou juin.

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Re: Mauvaise passe ou vraie crise boursière ?

Message par Alca//122 le Mar 22 Jan 2008 - 15:45

La Bourse rattrapée par la réalité

La chute des Bourses mondiales est une conséquence de la crise des subprimes américaines. Dans ce contexte, le plan de relance présenté par le gouvernement a été perçu comme le signe d'une situation grave. Mais, estime The Economist, on ne peut pas encore parler de vrai marché baissier.



A première vue, on se trouve en présence d'un cas classique d'aversion pour le risque. Les marchés d'actions plongent, les prix des matières premières chutent et les investisseurs se précipitent vers les valeurs refuges – emprunts d'Etat et devises telles que le franc suisse et le yen. Les obligations spéculatives offrent actuellement un rendement de 7 % supérieur aux obligations du Trésor américain, soit l'écart le plus important enregistré depuis avril 2003.

Pour certains, il s'agit simplement d'une affaire de Bourses rattrapées par la réalité. Car cela fait maintenant un an que la crise des subprimes, les prêts immobiliers à risques, a éclaté [les défauts de paiement ont démarré en décembre 2006, et plusieurs établissements de prêt se sont déclarés en faillite]. Depuis, les banques centrales ont réduit les taux d'intérêt, les banques d'affaires ont passé massivement des investissements par pertes et profits et divers plans de sauvetage ont été proposés. Mais la fin du tunnel n'est toujours pas en vue. De fait, une autre phase de la crise de la dette risque de s'enclencher, si les problèmes des assureurs monolignes de crédit (une catégorie d'assureurs peu connus mais importants, qui garantissent le remboursement à échéance du principal et de l'intérêt de l'emprunt en cas de défaillance de l'émetteur) ne sont pas résolus. Si l'économie américaine n'est pas encore en récession, elle en est assez proche pour que certains ne fassent pas vraiment la distinction.

Pendant la majeure partie de l'année écoulée, les investisseurs en actions connaissaient ces faits marquants, mais ils ont préféré se rassurer en misant sur trois autres facteurs. Primo, la Réserve fédérale (Fed) volerait évidemment au secours tant des marchés que de l'économie, comme elle l'avait fait déjà si souvent par le passé. Secundo, même si l'économie américaine ralentissait, le reste du monde (particulièrement l'Asie) assumerait le fardeau d'alimenter la croissance mondiale. Tertio, compte tenu du tableau d'ensemble, les profits des entreprises pourraient rester élevés.

Ces trois hypothèses sont désormais remises en question. Même si la Fed baissait les taux avant la fin du mois, il faudrait sans doute douze à dix-huit mois pour que la politique monétaire fasse sentir ses effets. Sur la question du découplage des économies, il n'est pas certain que l'Europe ou le Japon puissent échapper à la poussée gravitationnelle de l'Amérique. Les dernières données concernant Singapour (ralentissement des exportations et recul du PIB au quatrième trimestre) donnent à penser que d'autres régions d'Asie n'y échapperont peut-être pas non plus. Fait révélateur, les marchés émergents, dont les performances avaient dépassé celles de leurs homologues industrialisés ces derniers mois, commencent à enregistrer des contre-performances. Le 21 janvier, Hong Kong a essuyé sa pire perte depuis le 11 septembre 2001. A mesure qu'ils cherchent les preuves d'un découplage, les analystes revoient à la baisse leurs prévisions de bénéfices.

Ce changement d'humeur est devenu perceptible lorsque, le 16 janvier, le gouvernement américain a annoncé un plan de relance via la fiscalité. Dans une période d'optimisme, une telle annonce aurait donné le signal d'une reprise des marchés. Dans le climat actuel, le programme a été perçu comme un signe de désespoir.

Les prix des actions ont suffisamment dégringolé pour que les indices européens se retrouvent en territoire de marché baissier : ils ont perdu 20 % par rapport aux sommets atteints par le passé. Il faut toutefois plus qu'une chute importante des cours pour qu'un marché soit officiellement baissier. Le recul doit aussi être durable (le déclin intervenu entre 2000 et 2002 représente un exemple classique).

Les marchés ont déjà enregistré des baisses temporaires de 20 % par le passé (en 1998, par exemple), avant de repartir de plus belle. D'ailleurs, le plus extraordinaire dans la longue période de marché haussier qui a duré de mars 2003 à juin 2007 est qu'elle n'ait subi aucune correction de ce type.

Ces derniers jours, les cours de Bourse ont chuté si fortement et si rapidement qu'une tentative de reprise semble quasi inévitable. Ce qui déterminera s'il s'agit d'une simple correction ou d'un vrai marché baissier, c'est la capacité ou non de ce rebond à se prolonger au-delà d'un jour ou deux.

The Economist

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